Soyons sérieux... ou pas ! (Episode n°125)

Me voilà de retour avec cette nouvelle série de la chasse au sérieux inspirée de tous les petits moments rabat-joie de notre quotidien. Vous savez, toutes ces choses qui se répètent, ces corvées éternellement renouvelées, ces objets ménagers qui nous minent le moral à chaque fois que nos yeux se posent sur eux ? Ce n'est pas une fatalité. Quand on re-découvre ces tâches répétitives ou ces objets ennuyeux avec des yeux d'enfants on découvre souvent des trésors, et parfois même - ô surprise - une inépuisable source de joie.

Si vous ne savez pas de quoi je parle, je vous invite à aller visiter les épisodes précédents consacrés au papier toilette et au panier à linge. Si si, croyez-moi, ça vaut vraiment le détour.

Aujourd'hui je voudrais qu'on discute d'une chose terriblement énervante. Une chose qui vous met les nerfs en boule de façon insidieuse, rampante, vicieuse presque. Je veux parler de la fameuse "chaussette unique". Celle qui faisait pourtant partie d'une paire pas plus tard qu'hier, et pourtant rien à faire, la deuxième a disparu pendant la nuit. On a beau fouiller le tambour de la machine à laver, le fond du panier à linge sale et tous les recoins secrets de la maison, rien n'y fait, elle a DIS-PA-RU. Si encore c'était un événement isolé, l'un de ces petits mystères de la vie qui reste pour toujours inexpliqué, ça serait supportable. Mais ça recommence, encore et encore, une vraie menace pour notre santé mentale ! Allez, avouez-le vous aussi, vous en avez combien de chaussette unique à votre palmarès depuis le début de votre vie ? 50 ? Peut-être même 200, en ce qui me concerne ?

Une vraie torture.

Par chez moi, on a résolu ce mystère depuis bien longtemps. On sait que notre maison abrite le monstre-mangeur-de-chaussette-droite, celui qui ne peut digérer que la moitié d'une paire. Ca ne sert à rien de lui laisser l'autre chaussette bien en évidence le soir avant d'aller vous coucher, elle restera à sa place jusqu'à la fin des temps. Par contre, une fois le processus de digestion achevé, une autre chaussette droite disparaîtra. Ca peut prendre des jours, parfois des semaines (les chaussettes synthétiques se digèrent plus difficilement que les 100% coton), mais c'est inéluctable. Il existe aussi des monstres-mangeurs-de-chaussettes-gauche (peut-être est-ce celui-là qui vit chez vous ?). Ce qui est sûr c'est que l'un comme l'autre aiment parfois diversifier leur alimentation, et au lieu d'une chaussette ils se délecteront alors d'un stylo négligemment oublié sur votre bureau. Et oui, c'est scientifiquement prouvé, voilà l'explication de la disparition épidémique des 483 stylos que vous avez achetés au cours des dernières années en vous disant à chaque fois "Mais c'est quand même pas possible, je passe mon temps à acheter des stylos et je n'en ai jamais un sous la main quand j'en ai besoin !!". C'est ça ou les chaussettes, à vous de choisir. Ou plutôt c'est le monstre qui choisit, et nous on subit.

Bref, peut-être devrais-je consacrer un prochain numéro à la disparition des stylos, mais pour aujourd'hui revenons-en à nos chaussettes uniques. Vous aussi, vous les conservez sans doute précieusement dans un tiroir, persuadés que la 2e chaussette refera un jour son apparition. Peine perdue. Mieux vaut leur trouver une vraie fonction, digne de leur destin, une nouvelle vie pleine de joie et d'aventure... Et pour cela, rien de mieux que d'institutionnaliser la DANSE DES CHAUSSETTES. Vous mettez la musique à fond, une chaussette dépareillée sur chaque main, et vous laissez l'inspiration faire le reste. C'est l'un des meilleurs remèdes anti-sérieux que je connaisse. Et voilà comment la torture mentale de la disparition des chaussettes peut devenir en un tour de main le meilleur moment de votre semaine.

Je vous présente Anna et Vincent en pleine démonstration, ça devrait achever de vous convaincre !

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